Rapport des consultations des jeunes

Rapport des consultations des jeunes

le Mercredi et le Jeudi dernier respectivement dans les deux communes Abobo et Yopougon s’est déroulé un dialogue communautaire.

Le présent rapport et ses recommandations est le produit d’une série de consultations des jeunes, conduites par ICTJ en partenariat avec le RAJP dans plusieurs localités de la Côte d’Ivoire. Il s’inscrit dans le cadre du projet dénommé « les femmes et les jeunes filles actrices de la prévention des conflits à travers l’alerte précoce et les réseaux d’information ». Financé par l’UNICEF (et l’ONUFEMMES), le projet vise à contribuer au renforcement de la cohésion sociale par la prévention des violations graves des droits de l’Homme impliquant les jeunes. Dans le cadre de ce projet, ICTJ et le RAJP ont procédé à la consultation de 196 jeunes dont 116 filles et 80 garçons issus des milieux scolaires et extra scolaires pour identifier les facteurs qui ont été et sont susceptibles de fragiliser les jeunes en général et les pousser à recourir à la violence dans le cadre de la vie politique ivoirienne. Les jeunes scolarisés consultés proviennent de diverses écoles secondaires et universités des zones de mise en œuvre du projet : – Abidjan-Yopougon : Lycée William Ponty, Lycée Jean Paul 2, Institut LKM ; – Abidjan-Abobo : Université Nangui Abrogoua, Lycée Municipal, Collège Abouman, Collège As Pouckine ; 12 – Collège moderne Privé Guidy; Collège Moderne Touré Mamadou (Duekoué) ; – Man : Lycée Moderne 1 et 2; Collège Moderne Domoraud ; Lycée Jeune Fille Dominique Ouattara ; – Korhogo : Lycée Houphouët ; Collège Moderne Karakoro ; Université Alassane Ouattara. Pour l’identification des jeunes en dehors du milieu éducatif, les PF ont rencontré différents acteurs dont : – les responsables des associations membres du RAJP présentes dans leurs localités, notamment l’AEEMCI, AEJT, JEC, CVAV, ASCCI, AJMCI, AJUMED, BCE, CMS, DD, DECI, COVICI, PP, GE, RAGEACI. – Les Directions Régionales du MFPES ou d’autres Ministères œuvrant dans le domaine de la jeunesse, disposant de données des organisations de jeunes dans ces localités. Ces structures étatiques ont permis d’identifier des jeunes filles hors du système scolaire. – Dans le milieu politique : Egalement, les points focaux se sont rapprochés des représentants des jeunes au sein des partis politiques, notamment les jeunesses du FPI, PDCI, RDR, UDPCI… La sélection des bénéficiaires s’est également faite en tenant compte de leurs quartiers de provenance. Ainsi, à Abidjan les jeunes consultés proviennent de Yopougon (SICOGI, SIPOREX, ANANERAIE) et Abobo (AVOCATIER, ANONKOA KOUTE, AKEIKOI). À l’intérieur du pays, ils proviennent de Duekoue, Man et Korhogo. Ils sont pour la plupart des membres d’associations de jeunes, de quartiers ou de jeunesse des partis politiques (Cf. Tableau 1). Les jeunes qui ont pris part aux consultations ont été identifiés dans leurs zones respectives par les points focaux du RAJP sur la base des critères ci-dessus cités. Pour ce faire, les points focaux (PF) se sont rapprochés des Directions Régionales de l’Education Nationale (DREN) pour la prise de contact avec les associations d’élèves ou les clubs scolaires. Une fois ces associations identifiées et les autorisations obtenues des DREN, les PF sont 13 rentrés en contact avec les responsables des associations d’élèves pour leur expliquer le projet et solliciter leur participation par l’identification de membres de leurs bureaux. Le RAJP, avec l’appui de l’ICTJ, a choisi de recourir à une méthode participative pour la consultation des jeunes. Pour faciliter ce processus et garantir la participation des jeunes d’Abidjan et ceux de l’intérieur du pays, le staff local de l’ICTJ et des représentants du RAJP ont sillonné des régions du pays à la rencontre des jeunes. Deux équipes ont ainsi été constituées, composées chacune de deux membres du personnel de l’ICTJ et de deux jeunes représentants du RAJP. Les consultations se sont tenues dans les villes de Man (du 23 au 26 octobre 2017), Duékoué (du 26 et 28 octobre 2017) et Korhogo (du 23 au 27 Octobre 2017). Elles se sont poursuivies et achevées à Abidjan, notamment à Abobo (le 6 décembre 2017) et à Yopougon (le 7 décembre 2017). Le processus des consultations s’est déroulé en deux phases : • La première phase (introduction et présentation des thématiques) : Pour faciliter la compréhension et la participation efficace des jeunes à la consultation, le RAJP, sous la supervision de l’ICTJ, a conduit une présentation sur « Les techniques de prévention des conflits et l’importance du rôle et de la participation active des femmes et des jeunes filles dans la médiation et dans les systèmes et mécanismes d’alerte précoce existantes ». Parmi les moyens permettant de prévenir la répétition des violences, figurent les Réparations symboliques. Un accent particulier a donc été mis sur ce thème afin de susciter l’adhésion et la compréhension aux concepts de réparations symboliques et d’excuses publiques. Les réparations symboliques doivent accompagner toutes les formes de réparation octroyées aux victimes dont elles restaurent la dignité, permettant ainsi d’apaiser leur souffrance et de renforcer la cohésion sociale.. Elles constituent une mesure contribuant à la prévention des violences. Ainsi, l’Etat, en exprimant des excuses publiques aux victimes, encourage l’ensemble des acteurs impliqués à en faire de même, marque son adhésion aux principes du respect des droits de l’Homme et renforce la cohésion sociale. 14 • La deuxième phase (consultation en plénière et travaux de groupe) : cette phase a été introduite par une brève présentation de la participation des jeunes au conflit telle que décrite par le rapport de la CDVR. Ensuite, les échanges ont porté sur les expériences des jeunes au cours des violences qui ont éclaté après la contestation des élections. Cette étape a permis de collecter les ressentis, perceptions et appréhensions des jeunes durant cette période, mais aussi leurs espoirs et leurs attentes. La consultation des jeunes s’est faite à travers des focus groupes. Pour ce faire, trois groupes ont été constitués pour chaque atelier dont deux groupes mixtes et un groupe composé essentiellement de filles. La constitution d’un groupe spécialement composé de filles, visait à renforcer leur pleine participation et à garantir une meilleure prise en compte de leurs avis et recommandations pour la non-répétition des violations. Après les consultations des focus groupe, les participants se sont retrouvés en plénière pour la restitution de leurs réflexions. Les discussions en plénière ont permis de faire la synthèse des focus groupes notamment, d’analyser de façon critique la description du rôle des jeunes par le rapport de la CDVR, d’identifier les facteurs susceptibles de pousser les jeunes à la violence politique avec la commission de violations graves des droits de l’Homme et de proposer des recommandations pour éviter la répétition de ces violations. 2.2 Les caractéristiques socio démographiques des jeunes consultés La consultation a porté sur 196 jeunes dont 116 filles représentant 59,18% des bénéficiaires et 80 garçons soit 40,82% des consultés. La moyenne d’âge des participants est de 23 ans et la tranche d’âge la plus représentée est celle des 18-27 ans qui représentent 72% des jeunes consultés. Ils étaient donc des adolescents au moment de la crise de 2010-2011. La grande majorité des jeunes consultés sont scolarisés (62%) ; le reste étant des travailleurs (21%) dans le secteur informel. Il faut souligner que près de 15% des participants ont un profil socio économique non spécifié, 15 certainement des jeunes sans activité et sans qualification précise (cf. Tableau 2). La population consultée est largement composite et essentiellement composée de jeunes engagés dans des groupements associatifs au sein de leurs quartiers (48%), de jeunes membres des clubs scolaires et universitaires (32%), de jeunes issus des partis politiques (FPI, PDCI, RDR et UDPCI) à 11%. Ce choix a été motivé par la volonté de retrouver les jeunes de toutes les couches sociales (cf. Tableau 3). Durant la crise de 2010-2011, ces jeunes pour la plupart se sont déplacés de leur lieu de vie habituel pour d’autres localités en vue de fuir les hostilités. La plupart d’entre eux ont trouvé refuge dans les villes de Man, Dabou et à Abidjan précisément dans la commune de Port-Bouët. Ces localités étaient relativement calmes en comparaison à certaines zones du conflit.

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